Introduction Sport Durable


Et si le sport devenait vitrine de l'éco-croissance ? Introduction


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Théo Grosgeorge, 17 ans, futur étudiant à Dauphine ou Sciences Po Paris, est un lorrain passionné par les questions politiques, environnementales et sportives. Engagé pour l'environnement dans son lycée mosellan au sein d'une association lycéenne qu'il a fondé, il a créé en juin 2020 le mouvement « Sport Durable », destiné à promouvoir l'éco-croissance dans le monde du sport. Il aborde de façon scientifique et ambitieuse des sujets tels que les pelouses sportives, les matériaux des stades ou l'autonomie énergétique des infrastructures sportives.


Coupe du Monde 2022 au Qatar et stades climatisés, Grands Prix de Formule 1, arrosages continus des green de golf… la réputation du sport ne semble pas très reluisante auprès des écolos !

Et il est vrai que les démesures techniques mises en place au service de son impérialisme commercial et du règne des superlatifs physiques ternissent son image.

Mais le sport est-il condamné à être opposé au respect de l'environnement ? En le pensant autrement, en faisant preuve d'un brin d'ambition, d'opportunisme, ne pourrait-on pas le transformer en une véritable vitrine de l'écologie, et mieux encore : de l'éco-croissance ?

Les dégâts environnementaux du sport

Le sport est une des cibles favorites des militants écologistes du monde entier, non seulement parce qu'il détruit des terres fertiles au profit d'infrastructures démentielles, mais surtout parce qu'il est universel. Quoi de mieux que ce domaine, concernant l'intégralité de la civilisation terrestre, pour valoriser l'écologisme et la décroissance ? Assurément, la Coupe du Monde 2014 au Brésil et la construction d'une enceinte de 45000 places à Manaus, au cœur de la forêt amazonienne, a permis aux ONG contre la déforestation de se promouvoir. Évidemment, l'échec cuisant des championnats du monde d'Athlétisme de 2018 à Doha, dans des espaces extérieurs climatisés (donc énergivores) a fait couler de l'encre dans la presse.

Dans l'Hexagone aussi, le Tour de France suscite des déboires, chaque année, avec ses 2000 voitures suiveuses, ses 18 millions de spectateurs au bord des routes, et sa dizaine d'hélicoptères mobilisés. Forcément, ces chiffres ne sont pas anodins, surtout quand on sait que le circuit traverse des parcs naturels protégés (le mythique col du Galibier au cœur du parc des Écrins entre autres).

L'ensemble de ces événements, suivis par des milliards de téléspectateurs, sensés inspirer par leur esprit d'olympisme des millions de jeunes, se dressent plutôt comme des mauvais élèves. Comment inciter
les populations mondiales à changer leur empreinte environnementales si même les plus grands symboles culturels mondiaux ne sont même pas capables de le faire ? Mais cette pollution engrangée par le sport n'est pas exclusive aux grands événements : elle est généralisée. Entre les déplacements automobiles pour assister ou participer aux rencontres sportives, l'usage de textiles synthétiques étrangers et l'impact des chaussures sur les sols naturels ou des cordes d'escalade sur les falaises, le tableau est peu reluisant.

Mais n'est-il pas trop facile de condamner le sport ? De condamner toute cette ambition universelle, sociale, ayant pour essence même des valeurs telles que l'unité, la solidarité et le dépassement de soi. Sa portée mondiale, qu'elle soit médiatique ou commerciale, est sans précédent, et le sport a l'avantage de rassembler tous les enjeux
technologiques possibles. Car c'est un générateur de revenus, une source de dynamisme auprès des catégories sociales les plus pauvres, mais surtout, c'est l'instrument de prestige par excellence. La Jamaïque, 123 puissance économique mondiale, a une renommée assez impressionnante grâce à ses sprinteurs, rois du 100m, pour ne pas citer Usain Bolt. Le sport, nous venons de le prouver, dynamise donc profondément les pays du monde sur les plans sociaux et économiques. Le faire régresser comme le souhaitent certains militants de la décroissance est une absurdité totale. Pourquoi ne ferions nous donc pas du sport une vitrine de l'écocroissance ? Les enjeux sont
monstrueux, et les bénéfices, qu'ils soient comportementaux ou politiques, seraient colossaux.

Ainsi, en promouvant des gestes durables par des actions concrètes, par le biais d'organisations tentaculaires comme le CIO, l'UEFA ou la FIFA, le sport changerait les habitudes citoyennes, et inciterait les États à prendre des mesures dans des domaines tels que les transports, les matériaux, les énergies. Combien de jeunes ont reproduit le « DAB » de Paul Pogba pour célébrer leurs buts ? Beaucoup… de surcroît, cela pourrait être la même chose pour des gestes comme prendre des gourdes au lieu de bouteilles en plastique pour faire du sport…

Rendre le sport vert

Dire que les différentes institutions sportives n'ont rien fait pour l'écologie serait faramineux… Bien sûr, des mesures ont été prises ! Les nouveaux stades produisent leur propre énergie, économisent de l'eau, le Tour de France remplace ses voitures suiveuses par des automobiles hybrides et électriques, et ses hélicoptères par des drones. Les produits sportifs manufacturés deviennent progressivement recyclables, et le covoiturage pour assister aux événements sportifs devient de mise.

Mais les possibilités sont encore larges, les enjeux démiurges, et les bénéfices à en tirer palpables. Faisons un bref tour d'horizon des transformations à apporter dans cette série de tribunes répondant à la problématique « Et si le sport devenait vitrine de l'éco-croissance ?».

Par Théo Grosgeorge, fondateur du mouvement « sport durable » et membre Construire l'Avenir




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