Greenpeace Tricastin


La campagne de désinformation de Greenpeace contre Tricastin


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Alors que le monde de la science et de l'écologie pragmatique regrette l'arrêt du premier réacteur de la centrale de Fessenheim, Greenpeace a désigné la prochaine cible de son combat dogmatique anti-nucléaire : la centrale nucléaire du Tricastin.

Le 21 Février 2020, 34 militants de l'organisation ont été interpellés et placés en garde à vue après avoir pénétré sur le site nucléaire du Tricastin, armés de marteaux-piqueurs en mousse pour mimer un démantèlement. Cette opération a été largement médiatisée, et Greenpeace a décidé de lancer une vaste campagne de désinformation anti-nucléaire à l'encontre de cette centrale en exigeant à travers une pétition en ligne sa fermeture.

Ils ont également publié une vidéo sur YouTube résumant leurs arguments, que nous allons ici analyser.


Tout d'abord, nous pourrions nous demander de quel droit Greenpeace se substitue à l'ASN. Nous disposons en France d'un organisme de structure parfaitement indépendante qui fait d'ailleurs référence dans le monde entier : l'ASN, l'Autorité de Sûreté Nucléaire. L'ASN évalue le niveau de sûreté des centrales, effectue des contrôles, des visites surprises… La centrale de Tricastin est considérée comme sûre. Dire qu'elle est dangereuse, ne repose donc pas sur des bases solides, mais analysons plus en profondeur leur discours.


On peut se promener dans la centrale sans problème


Greenpeace commence la vidéo en sous-entendant que n'importe qui peut se promener dans une centrale sans problème. Evidemment, c'est faux.

Il faut préciser que pas un seul de leurs militants n'a dépassé la zone des bâtiments administratifs. En effet, aucun de leurs militants n'a atteint la zone 3, dite la "zone vitale", donnant accès au réacteur. Ils sont tous restés dans la première zone, qui n'accueille que les bâtiments administratifs et n'a donc pas à être particulièrement sécurisée. Les tourniquets de contrôle d'accès se situent à l'entrée des zone 2 ("zone de protection renforcée", qui accueille les bâtiments administratifs et industriels non nucléaires, comme les tours de refroidissement) et 3 que nous avons citée auparavant.

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En outre les activistes de Greenpeace ont été interpellés et placés en garde à vue. Ils ne prouvent donc pas ici que la sécurité n'est pas assurée. En omettant de divulguer ces informations ils développent un discours absolument malhonnête.


"Au delà de 40 ans, la centrale est périmée"


Ceci est, ni plus ni moins, que de la désinformation. La date de "40 ans" n'a jamais été une limite.

Tristan Kamin l'explique très bien dans un article que vous pourrez retrouver sur son site Internet :

Tout se remplace dans une centrale (GV, tuyauterie, couvercle de la cuve…), sauf la cuve. C'est donc cette dernière qui peut "limiter" la durée de vie de la centrale. La cuve, ce n’est pas un composant très complexe. Ça n’est pas un organe mobile comme une pompe ou une vanne, donc c’est très robuste. Mais une cuve, c’est au plus près du cœur, où a lieu la réaction en chaîne ! Et sous l’effet du flux de neutron qui s’échappe du cœur, les propriétés de l’acier de la cuve se dégradent, au fil du temps – ou plutôt, au fil du nombre de neutrons reçus. Donc c’est le nombre d’heures de fonctionnement du cœur qui va jouer, et la puissance de celui-ci, au premier ordre, plus que l’âge. Et combien de temps, du coup, avant que la cuve ne soit trop endommagée ? 10 ans ? 40 ans ? 60 ans ? Pourquoi les antinucléaires, les politiciens, les journalistes, disent toujours 40 ans ? Et bien… La réponse est toute simple : nos plus vieilles cuves ont environ 40 ans. Donc on sait, par une expérience échelle 1, comment évoluent les cuves jusqu’à 40 ans. Au-delà, on ne peut qu’estimer. Donc les anti-nucléaires considèrent que 40 ans c’est le maximum, ce qui est faux. Et il y a quelques années, ils disaient 30. Et dans quelques années, ils diront 50. Tous les 10 ans, les installations nucléaires sont soumises à l’obligation de procéder à un réexamen de sûreté, ou visite décennale. Une inspection exploitant+ASN ultra poussée de chaque composant de l’installation nucléaire, pour vérifier que le référentiel de sûreté initial de l’installation soit toujours respecté, et, mieux encore, qu’il est au niveau des dernières exigences réglementaires en vigueur. Le standard de sûreté d’une installation nucléaire aux Etats-Unis, c’est celui de sa mise en service, lorsqu’est délivrée sa licence. En France, le standard de sûreté, c’est celui de la décennie en cours. C’est particulièrement positif en termes de sûreté ! Les réacteurs sont autorisés à fonctionner 10 ans de plus, tous les 10 ans. Donc quand les plus vieux approchent 40 ans, leur limite, à ce moment, est de 40 ans. Logique. Mais il n'y a aucune raison de considérer à priori qu’on ne peut pas renouveler une quatrième fois, comme les 3 d’avant. C’est juste un jalon, pas un plafond."

Donc non, au delà de 40 ans la centrale n'est pas périmée. En disant cela, Greenpeace ment sciemment à ses donateurs, à ses lecteurs, et à ses militants. N'est-ce pas ironique pour une organisation qui se veut écologiste que de faire la promotion de obsolescence programmée ?


"La centrale est dangereuse car en zone sismique, le réacteur est très fissuré…"


Encore une fois, il faut se fier aux rapports de l'ASN. Si l'ASN explique que la centrale de Tricastin est sûre, on peut alors légitimement faire confiance au consensus des experts indépendants.


"Rénover des centrales, c'est coûteux…"


Précisons plusieurs choses. Tout d'abord, c'est EDF qui paie, pas le contribuable. Ensuite, c'est bel et bien notre parc nucléaire qui nous permet de disposer d'une électricité très peu chère, comparée à nos voisins. En outre, l'électricité nucléaire demeure beaucoup plus abordable que les énergies renouvelables.

En effet, il faut ajouter à ces dernières l'impact économique de leur intermittence (elles ne produisent pas tout le temps, il faut alors stocker l'énergie, ce qui est très coûteux), les coûts liés à la décentralisation de la production imposée par les énergies renouvelables sont énormes (33 milliards pour les années à venir, d'après RTE). Sans compter que, contrairement aux énergies renouvelables, l'électricité nucléaire est rentable et n'a pas à être subventionnée. En effet, car pour ce qui est des énergies renouvelables c'est le contribuable qui paie.

La cour des comptes estime dans un rapport que les contrats signés avant 2017 par l'Etat français au bénéfice des producteurs d'électricité d'origine éolienne et photovoltaïque (et plus marginalement de biométhane) représentent 121 milliards d'euros d'argent public. N'avez-vous pas l'impression de vous tromper de cible, Greenpeace ?

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"Des éléments radioactifs ont fuité et contaminé des nappes phréatiques"


Peut-on connaître le niveau de radioactivité ? Parler d'"éléments radioactifs" n'a aucun sens : tout est radioactif. Votre propre corps émet 7000Bq. Nous avons cherché la source de vos propos, et nous avons trouvé le chiffre de 1150Bq/l pour la fuite à laquelle vous faites allusion. Pour rappel, le seuil de portabilité fixé par l'OMS est de 10 000Bq/l. Autrement dit, cette fuite est bien inférieure aux seuils de potabilité de l'OMS : elle ne représente aucun danger pour la population locale ou l'éco-système, elle est totalement marginale.


Conclusion


Pour conclure, on voit bien que votre vidéo est un condensé de fake news, de mauvaise foi, et de déformation de la vérité. Pourquoi Greenpeace font-ils cela ? Tous les experts du sujet (le GIEC, l'Agence Internationale de l'Energie..), tous expliquent que le nucléaire nous est indispensable pour gagner le combat climatique. Greenpeace et leurs activistes rejettent le nucléaire par dogmatisme, alors qu'il s'agit de la source pilotable la plus décarbonée de toutes (sur cycle complet environ 6gCO2/Kwh selon les différentes études sur le sujet en France, 12gCO2/Kwh dans le monde selon le GIEC). La fermeture de Fessenheim, par exemple, vous entraîner une hausse de nos émissions de carbone. C'est une position déplorable, et criminelle.




Pour débattre avec nous et nous rejoindre, cliquez ici !

Merci !

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