Jour De Depassement Debunk


Pourquoi le concept de "jour du dépassement" n'a aucune valeur ?


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Introduction

Régulièrement on entend parler de ce "jour du dépassement". Moment où l'humanité aurait consommé toutes les ressources que la Terre serait capable de régénérer en une année. C'est ainsi que l'on entend, par exemple, qu'il faudrait plus de 2.9 Terres si toute l'humanité avait le niveau de vie français.

Problème ? Cette donnée est trompeuse.

Des critiques

Michael Shellenberger, fondateur de l'association "Environmental Progress" et de l'institut "Breakthrough" est l'une des voix à s'être élevées contre l'utilisation mensongère faite du principe d'"empreinte carbone" sur lequel est fondé le jour du dépassement. Celui qui a reçu en 2008 le prix de "Héros de la planète" pour son engagement environnemental par le New York Times déclare que "le jour du dépassement n'a aucune valeur scientifique."

Il est l'auteur, avec d'autres chercheurs, d'un article scientifique paru dans la revue PLOS Biology intitulé "Does the Shoe Fit? Real versus Imagined Ecological Footprints".

Des données pas toutes déséquilibrées

Ainsi, il y est révélé que cinq des six mesures qui composent l'empreinte écologique sont en réalité relativement à l'équilibre ou excédentaires et que seules les émissions de carbone de l'humanité étaient déséquilibrées de manière substantielle.

Ces six indicateurs sont les émissions de carbone, les terres cultivées, les terres bâties par l'homme, les pâturages, la pêche et les zones forestières.
En se basant sur les résultats de l'étude, il apparaît ceci (les barres rouges indiquent un déficit, les barres bleues sont en surplus) :

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C'est en additionnant toutes ces données que l'on trouve l'affirmation qui a fait les gros titres des journaux ces dernières semaines comme quoi il faudrait 1.7 planètes pour garder le niveau de vie de la population mondiale et 2.9 planètes si toute l'humanité vivait comme les français.

Aucune des cinq catégories d'utilisation des terres non carbonées ne présente de déficit écologique substantiel, ce qui suggère qu'il n'y a pas d'épuisement des terres cultivées, des pâturages, des forêts, des zones de pêche (à nuancer, mais en regardant les données du GFN on constate bel et bien un équilibre) et des terrains bâtis à un niveau global. L'empreinte de la consommation de l'agriculture, par exemple, étant presque toujours égale à la bio-capacité.

Le jour du dépassement met en réalité en valeur les émissions de dioxyde de carbone, non l'utilisation des ressources naturelles.

On se rend tout de suite compte de la tromperie occasionnée par ces données : on ne parle pas ici d'utilisation de ressources naturelles mais d'émissions de carbone non compensées par la nature (non captées par les forêts, notamment).
Donc ce n'est pas du tout une question de ressources qui viendraient à manquer, c'est faux. Il s'agit d'une question d'émission de carbone et de captation de carbone.

Cela signifie concrètement que nous ne consommons pas plus de ressources que nous n’en disposons. Au contraire, nous n'en consommons parfois "pas assez" ! Par exemple, la bio-capacité naturelle de la Terre en terme d’espaces forestiers est de 0.73 hectares par personne et par an et nous n’en consommons en moyenne que 0.27 hectares par personne chaque année. De la même façon, nous avons beaucoup plus d’espaces de pâturages disponibles que nous n’en consommons : 0.21 hectares par personne disponibles contre 0.16 utilisés.

Et il ne s'agit pas de théories climato-sceptiques, le GFN prouve-lui même dans un document destiné à expliquer sa méthode ce qu'affirment les sources citées ci-dessus. Voici ce qu'on trouve dans ce document :

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Puis par la suite, dans un tableau explicatif il est clairement énoncé que seuls ces sols énergétiques fictifs sont en déficit (les chiffres diffèrent légèrement de ceux cités ci-dessus car datent de 2005 tandis que ceux cités précédemment étaient plus récents) :

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Par conséquent, presque tout le dépassement écologique provient de la mesure de la vitesse à laquelle le dioxyde de carbone s'accumule dans l'atmosphère. En effet, si l'on exclut le carbone, la biocapacité mondiale dépasse l'empreinte de la consommation d'environ 45% en 2008. Autrement dit, on consomme moins que ce que la Terre produit. Evidemment nous ne parlons ici que des données prises en compte par le GFN. Cela n'est pas valable pour les ressources fossiles, par exemple.

Comment le GFN convertit-il les émissions de carbone en surface ?

Comment arrive-t-on à ces chiffres affirmant qu'il faudrait 2.9 terres pour vivre comme un français ? Tout simplement en convertissant les émissions de carbone de l'humanité en la surface de forêts qui serait nécessaire pour toutes les capter. Un procédé tout à fait malhonnête ignorant ainsi tous les autres moyens d’absorber ou de ne pas émettre de CO2.

Conclusion

Autrement dit le jour du dépassement est un indicateur très biaisé et discutable, il n'y a pas de dépassement de la biocapacité, et les défenseurs du jour du dépassement mettent ensemble des données qui n'ont rien à voir.

En revanche le jour du dépassement permet de nous interpeller sur la nécessité de diminuer nos émissions de dioxyde de carbone, notamment par des mesures ambitieuses de décarbonisation.




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